Le théâtre de la Décade soutient le mouvement des intermittents
et s'oppose à la mise à mort de la culture !
Non, la culture n'est pas une marchandise.

Retrait du protocole des annexes 8 et 10 !
On l'a dit et redit, sous couvert d'économies, ce sont entre 25.000 et 35.000 intermittents, techniciens ou artistes qui vont perdre leur statut. Sous couvert d'économie toujours, c'est l'accès plus difficile encore au statut pour les nouveaux arrivants. Sous prétexte d'économie enfin, c'est toute une série de modifications qui sont apportées au statut, et qui vont le rendre encore plus complexe, plus inégalitaire et plus aléatoire… Sur ce sujet, le constat est atterrant : même les défenseurs les plus acharnés du protocole, la CFDT entre autres, semblent ne pas avoir mesurer toutes les conséquences de celui-ci. A tel point que les signataires du protocole auront fait disparaître en catimini un paragraphe entre la signature du protocole et son agrément par le gouvernement. Une plainte à d'ailleurs été déposée à ce sujet. Ce mouvement se devait de prendre les armes à sa disposition - la grève et les blocages de manifestations culturelles, mais pas seulement - et de formuler une riposte à la hauteur de l'agression. Une riposte que l'immense majorité des médias aura très vite tenté d'assimiler à des " prise d'otages ", un " jusqu'au-boutisme ", un " comportement suicidaire ". Pourtant doit-on accepter sans se battre la disparition de plus d'un quart d'entre nous ?

Culture en danger !
Au delà des intermittents du spectacle, cette lutte est une lutte essentielle pour la survie de la Culture dans ce pays : hier les archéologues, aujourd'hui les artistes et les techniciens du spectacle vivant, demain le MEDEF et le gouvernement s'attaqueront aux plasticiens, aux salles de concert, aux salles de spectacle, aux musées, aux centres culturels, aux bibliothèques, en supprimant des subventions, en privatisant, en voulant rentabiliser et marchandiser la Culture. Au delà, de la Culture, ce sont tous les services qui sont menacés, et par là-même, les droits élémentaires comme le droit à l'Education et à la Santé... Aujourd'hui, la lutte est toujours d'actualité : le protocole n'entrera en application qu'au 1er janvier 2004, et le mouvement doit s'élargir plus que jamais ! Nous gagenrons si nous sommes toutes et tous ensemble : Artistes, techniciens, acteurs culturels, mais aussi publics solidaires et citoyens...

Le site de la Cordination 59/62.

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Lettre d'une Femme intermittente...
"Je suis une intermittente du spectacle, j'ai 32 ans, svp lisez-moi jusqu'au bout...
Ceci n'est pas une revendication mais un état des lieux, un appel au secours ! Je suis enceinte de 7 mois, j'exerce la profession de cameraman sur le terrain à "la pige", c'est-à-dire avec des contrats à la journée. Bien évidemment depuis plusieurs mois, il m'est difficile de travailler régulièrement, la camera pesant + de 12 kg. Aussi, je n'ai pas réussi à faire mes heures avant mon congé maternité, alors que jusqu'à présent cela ne m'a jamais posé de problèmes !
Employer une femme cameraman c'est déjà difficile mais, enceinte... alors là c'est une illusion ! ! ! !
Avant la nouvelle loi sur les intermittents, il existait une réglementation qui comptabilisait 5h de travail par jour, durant toute la durée du congé maternité ! Ce système permettait aux femmes enceintes de faire un enfant sans être pénalisées par leur inactivité forcée et bénéficier de leurs droits au chômage à la fin de leur période d'arrêt ! Là, terminé... Je sors des Assedics ou je viens de m'entendre dire qu'à la fin de mon congé juin 2004, je ne toucherai rien ! Avec les anciennes dispositions des annexes VIII et X, il n'était pas nécessaire d'être sous contrat de travail le jour du début du congé maternité.
Avec le nouveau protocole, il faut être sous contrat ce jour-là. Explication : comme d'autres dans le nouveau protocole, cette disposition vise à aligner les annexes VIII et X sur le régime général. Or dans le régime général la norme majoritaire est le CDI, où le professionnel qui travaille est nécessairement sous contrat lorsqu'il commence son congé.
Les intérimaires sont déjà défavorisés, mais les contrats CDD courent en général sur plusieurs mois, ce qui permet encore d'ajuster une fin de contrat à un début de congé maternité. Dans le régime intermittent, les contrats courent pour l'essentiel sur quelques jours quand ce n'est pas sur une seule journée. Plus rares sont les engagements pour un ou plusieurs mois, il s'agit principalement dans ce cas de spectacle vivant. Or une comédienne, une cameraman ou une danseuse enceinte deviendra incapable de trouver un engagement plusieurs mois avant le début de son congé, contre-indications physiques oblige Vous allez me dire au boulot... Bien sûr j'en rêve, mais après 5 mois de non-activité où presque, il faut relancer la machine ce qui est très difficile car les boîtes de productions ou télévisions n'attendent pas mon retour, des pigistes il y en a des milliers...
Je me retrouve dans une situation plus que délicate, sachant que Juillet et Août sont des périodes d'inactivité en télévision (beaucoup de rediffusions), avec des charges énormes, 2 enfants, un loyer à payer et un retour progressif sur le marché du travail... Ça prend du temps de relancer les habitudes même si cela fait 10 ans que j'exerce cette profession. Il y a visiblement un déséquilibre énorme au niveau des droits lorsqu'on est une femme si l'on désire faire des enfants... Soi disant que la famille est une priorité pour le gouvernement... Je ne comprends plus ! ! ! Il faut choisir ... ou bosser et ne pas faire d'enfants ou en faire mais crever la dalle ! ! ! ! je ne comprends pas cette attitude sexiste et je tenais à vous en informer... Je souhaite par ce courrier vous faire part de cette injustice... Merci de m'avoir lu jusqu'au bout..."

++++++++ "Les professionnels du Spectacle, de l'Audiovisuel et du Cinéma sont en danger de mort....!

Mais ce n'est pas grave !
si vous n'aimez pas :
La télé,
la danse,
les concerts,
les marionnettes,
la radio,
les expos,
le cinéma,
le cirque,
le théâtre,
la musique,
les histoires,
...

Si la culture n'est pas un besoin dans votre vie,
Alors ce n'est vraiment pas grave !
Par contre, si vous pensez que la culture est nécessaire notre démocratie lisez encore ce qui suit :

La loi c'est la loi... Loin de résoudre les problèmes des intermittents et de s'attaquer aux abus, cette loi aura pour conséquence la disparition de plus de la moitié des professionnels du spectacle (artistes, techniciens), de bon nombre de compagnies, de spectacles (programmations réduites), avec des salles de spectacles sans spectacle... Moins de concerts, moins de films... Et public en voie de disparition !
Le développement et l'accès à la culture sont menacés, l'expression culturelle est menacée, la diversité culturelle est menacée.
La profession appelle le soutien de tous : des politiques, des institutions, des associations, de l'Éducation nationale, des universités, du Public et de tous les goûteurs de mots, d'image et de sons.

Seuls les intermitens qui "tournent" beaucoup pourront résister. Les autres, ceux qui travaillent, répètent, inventent, innovent et sont la culture, diparaîtront.

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COMMUNIQUE DU QUARTET BUCCAL (18/09/03)
Depuis bientôt 10 ans, le Quartet Buccal (compagnie de spectacle vivant créée en 1994) est en résidence à la MJC de Savigny sur Orge. La compagnie, association Loi 1901, y a son siège, son bureau ainsi que l'accès à des locaux de répétition en échange de diverses interventions artistiques. Dans ce cadre, le Quartet Buccal jouait le dimanche 14 septembre 2003 au sein de la fête des associations de la ville. Lors de la représentation, les chanteuses du groupe ont pris la parole pour informer le public sur le protocole du 26 juin 2003 concernant les intermittents du spectacle. Elles ont aussi écourté leur spectacle sous les applaudissements du public. A 3 reprises, une conseillère municipale présente sur les lieux a demandé au personnel de la MJC de couper le son pour faire cesser la prise de parole, chose qui a été refusée.
Dès le lendemain, le président et le directeur de la MJC étaient convoqués par le maire, Mr Marsaudon (Député-Maire UMP de Savigny sur Orge) et mis en demeure d'expulser la compagnie du Quartet Buccal dans les 24h sous peine de se voir supprimer les subventions municipales nécessaires à la survie de la MJC. Suite à un conseil d'administration extraordinaire de la MJC, mardi 16 septembre 2003, cette expulsion a été votée à la quasi-unanimité.
Mercredi 17 septembre 2003, le Quartet Buccal, se trouve donc sans bureau, sans domicile. Cette pratique scandaleuse en dit long sur la situation de la liberté d'expression aujourd'hui en France ainsi que sur l'application de la politique culturelle en cours. Il nous paraît fondamental de faire circuler largement cette information au plus vite. D'autre part, nous faisons appel à toutes personnes, structures ou partenaires qui pourraient soutenir la compagnie. L'équipe du QUARTET BUCCAL.
Contact : 06 80 25 18 06

 
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